*Ah, les filles !

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Et les gens parlent. Fréquemment. Sans se lasser.

Sans se préoccuper de blesser.

Pierre Desproges disait :
« Les femmes n'ont jamais eu envie de porter un fusil, pour moi c'est quand même un signe d'élégance morale. »

Les femmes sont assez raisonnables pour ne pas vouloir guerroyer dans des batailles inutiles, soit.

Mais quand à dire qu'il s'agit d'élégance morale, j'en doute. Leurs petites guerres, leurs conflits triviaux n'ont pas lieu sur des champs de bataille.
Elles n'ont pas besoin d'armes aussi grossières que des fusils. Pour fustiger une personne, il leur suffit souvent de la descendre à l'aide de mots.

Prenez Anne-Lise, par exemple.

Exubérante, fofolle, drolissime. Pas distinguée mais naturelle. Fallait-il que vous la descendiez à cause de cela ?
Vous avez jugé infréquentable la seule personne qui soit totalement inapte à vous faire du mal. Qui se contente de penser que l'humanité est bonne, et qui va à peu près vers tout le monde sans aprioris.

Parce-que vous, derrière vos ongles vernis, vos bracelets clinquants et vos faux sourires vous valez mieux qu'elle ? Parce-que votre jupe est plissée avec soin, et votre discours soigneusement contrôlé, vous êtes meilleures ?

Je ne sais pas comment elle résiste à vos moqueries ouvertes.

Je sais très bien qu'il s'agit ni plus ni moins d'une guerre d'influence. La promotion ressemble à peu près à un vaste puzzle, dont les pièces seraient constituées de groupes humains qui interagissent ensemble. Vous voulez protéger vos intérêts, votre sphère d'amis.

Je ne peux rien dire à part que l'inconnu doit sacrément vous terroriser pour qu'une fille en sarouel rouge provoque autant de remue-ménage.










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# Posté le dimanche 05 avril 2009 17:56

Andarède


o0o La légende des déesses o0o


Il fut un temps éloigné où le monde n'existait pas,
L'univers n'était que chaos et brouillon, rage et destruction.
De ce rien naquit le tout : la plus petite lueur donna vie à Sonia,
Déesse du soleil, elle créa les étoiles et l'astre central.
Des ténèbres les plus profondes, naquit Lumi,
Qui inventa le froid, la glace et les trois lunes de la galaxie.

Mais l'univers restait vide, car là où gagne le feu, périt la glace,
Et nulle vie dans ce combat ne pouvait résister. Pour y remédier,
Elles créèrent Andarède et s'allièrent pour la première fois.
En mélangeant le chaud et le froid, et leurs deux savoirs, naquit la végetation.
Elle recouvrit la terre brune, des plus hauts sommets aux plus vastes plaines.
Il n'y avait ni déserts, ni étendue glacée : l'air était bon, mélange de l'essence des deux déesses.
Dan cet Eden, elles placèrent les animaux, les fauves aux pelages bigarrés côtoyaient les cétacés léchés par l'écume.
Elles s'amusèrent comme jamais, mais quelque chose manquait à leur c½ur.


Elles voulurent créer leur semblable, l'homme qui serait le maitre de leur création.
Elles lui donnèrent leur beauté, la parole et toute leur science.
Lumi lui lègua sa sagesse, et Sonia son audace.
Elles le nommèrent Andar, mélange parfait d'elles mêmes.
Il était Lumi, par l'éclat bleu ciel de ses yeux et la blancheur de son teint.
Mais il était Sonia par les reflets dorés de sa chevelure.

Ils passèrent de longs jours tous les trois à converser,
Et ce temps d'amitié aurait pu s'apparenter à l'éternité.
Mais un jour le regard des deux s½urs changea, et la rivalité s'installa.
Andar était parfait, et de même qu'elles avaient créé le désir pour les animaux,
De même leur propre création les rattrapa.
Déferla alors sur le monde amour, haine et jalousie.
Les animaux se battirent dès lors pour leur compagne.
Le s cervidés entrechoquèrent leurs bois jusqu'à leur dernier souffle.
L'entente d'antan était morte.
Le vol prit possession de la création en même temps que le meurtre.
Andar, seul lucide pouvait voir la perte d'Eden, et la pleura longuement.
La science des déesses qui lui permettait de comprendre l'univers,
lui fit savoir qu'il était à l'origine de ce chaos.
Il inventa la mort humaine en se jettant d'une falaise,
et attendit que les eaux eurent raison de son souffle.

Les déesses appréhendèrent la perte devant sa dépouille.
Honteuse et malheureuse, elles se retirèrent d'Andarède.
Mais avant, chacune desormais seule, créa son propre peuple.

Le peuple de Lumi, aux yeux bleus, au teint blanc, et à la chevelure argentée ou foncée
ne vit jamais l'éclat du soleil.
Sa place était dans les terres glacées d'Andarède, là où la neige recouvre tout.
Le peuple de Sonia prit place au bord des mers, là où l'air est chaud et sec,
où la nuit ne vient jamais et où le vent hurle.
Leur chevelure a l'éclat du feu, roux, blond, doré et leurs yeux sont aussi sombres que la danse des flammes.

Les deux peuples grandirent dans la haine des déesses et s'évitèrent toujours.
Elles donnèrent un peu de leur âme aux souverains pour qu'ils gouvernent avec sagesse, mais jamais plus ne fréquentèrent les hommes.

Livre des mythes. Genèse.



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# Posté le lundi 16 mars 2009 17:35

Etoile d'Hiver.

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Rayan prit sa tête entre ses mains. Un magazine grand ouvert était posée sur la table basse.

Son divorce faisait la une des journaux. Des photos de lui et sa femme, se disputant dans la rue en faisaient les couvertures.

Ainsi Cathy l'avait quitté.

Elle avait claqué la porte de la villa, hier matin.

Il se souvenait encore des reflets auburn dansant dans ses cheveux, sous l'effet du soleil. Des larmes qui perlaient à ses yeux quand elle lui avait dit : « Je te quitte ».
De ses yeux bleus, profonds autant que l'était son âme.
Et puis de ses mots froids, secs, et cassants. De ses reproches et de sa voix dure.
De tout ce qui l'avait anéanti depuis hier.

Il avait connu Catherine Zeigle au lycée, en seconde. La petite brune du dernier rang, souriante et rigolote. Ils n'avaient pas tout de suite été amis.
Il avait fallu attendre que leur grande bande se constitue.
Il y avait Mike, le leader, blouson en cuir et santiag. Se prenait pour un cow-boy, mais roulait en moto.
Toutes les filles étaient dingues de lui, à l'époque.
Rayan, la grande star internationale du cinéma hollywoodien n'était que son second. Il le suivait dans ses plans, plus ou moins légaux, et dans ses virées, plus ou moins dangereuses.
D'ailleurs, ils s'étaient rencontrés en colle.

Pete les avait naturellement suivis. C'était un lèche-botte qui voulait jouer les durs. Un intello qui aimait la protection d'un costaud comme Mike.
Pour, Rayan, il ne comptait pas vraiment.

En première, Mike, avait rencontré Jessica, la première fille dont il était vraiment tombé amoureux. Et la grande bande de copains s'étaient métamorphosé en groupe mixte qui abritait les copines de Jess et tous les autres gars.

Catherine était la s½ur de Jessica, aussi brune que sa s½ur était blonde. Elle ne trainait pas avec nous. J'avais déjà été dans sa classe, en anglais. Elle était très studieuse, et j'avais mes rêves de célébrité en tête. Mais j'aimais bien lui parler.
Elle avait une maturité sur les choses qui me dépassait. Souvent elle me déstabilisait. J'avais vite compris que ce petit bout de femme comprenait pas mal de choses. J'étais comme un enfant à coté.

En première, Catherine était devenue ma voisine attitrée en littérature, anglais, et français. Seuls cours que j'ai suivi de l'année. Le reste je les passais avec Mike à faire le fier et à chahuter. Et puis je suis sorti avec deux ou trois copines de Jess.

Je savais que Catherine ne me jugeait pas, même si elle me trouvait léger.

Elle m'expliquait les sentiments contradictoires des personnages des « Liaisons Dangereuses », la folie du « Roi Lear » et même ce qu'il y avait de beau dans les poèmes de Rimbaud. Elle approfondissait mon regard sur la vie. Souvent, elle me posait des questions, pour savoir ce que j'en pensais. Puis, son raisonnement s'insinuait doucement dans ma tête, et m'éclairait.
Elle m'apprenait à voir vraiment les choses. Et sans le savoir, j'étais déjà accrocs à elle. Mais pas pour des raisons superficielles, pas comme les autres.
J'étais accroc à sa façon de penser.

Je désertais mes potes de plus en plus, parce-que je trouvais que ce qu'ils me disaient ne m'apporter rien. Même si je restais mauvais en littérature, elle avait ravivé mon envie de faire des études. Rien que pour comprendre le monde. Je deviens un élève avancé en physique-chimie pour comprendre pourquoi la terre tourne autour du soleil. Ce genre de question existencielle.

Et puis... Jessica quitta Mike. Pas parce-qu'elle ne l'aimait plus, mais parce qu'elle était malheureuse. Manifestement, les parents des deux filles étaient plus durs que je ne le pensais.
Quand Jessica fugua pour passer la nuit avec Mike, ils devinrent intolérants. Ils la retirèrent du lycée, l'assignèrent à des cours à domicile.
Son caractère changea, se cassa sous les remarques sèches et méchantes. Elle se convainquit qu'elle ne valait rien et ne voulut plus voir personne.
C'est en tout cas ce que me révéla Catherine.

Elle, elle avait tout juste le droit de mettre les pieds au lycée. Pour le reste, elle était privée de sortie. Elle me confia tout ce qu'elle avait de précieux chez elle. Ses écrits, ses souvenirs, ses photos. Sa mère jetait tout, ou tout du moins si elle ne jetait pas, fouillait.

Son regard s'était terni, et son sourire envolé. Elle supportait tout juste le poids des jours et des années. C'était maintenant à moi de l'intéresser, de lui demander ce qu'elle en pensait quand on étudiait un texte. Son pauvre regard triste me répondait.

Mike lui tomba dans un abime beaucoup plus profond. Jessica lui manquait, mais il lui avait été interdit de la voir. Il se sentait à l'origine de toutes ses peines, responsable de sa prison.
Il choisit de l'oublier, mais en surface seulement. La drogue et les filles allégèrent momentanément sa peine.
Mais au fond, il était irrémédiablement blessé, et n'avait plus gout à rien.

Son père qui était producteur, m'avait trouvé un petit rôle dans une série télé. J'acceptais avec joie. Rien ne me rattachait plus aux études, sans Catherine. Là, je pouvais me contenter d'être un autre, j'étais plus à l'aise. Mes rêves de reconnaissance étaient comblés. Et puis, j'étais persuadé de n'être pas assez fort pour être physicien.

J'étais souvent absent, deux ou trois semaines pendant les tournages. Quand je revenais au lycée, tout semblait figé. Mike et Catherine persistaient dans leurs états, le temps semblait ne pas s'écouler pour eux.

Un jour, je tombais sur une lettre à mon nom dans les affaires de Cathy. J'étais sur un tournage au Mexique, mais je l'ouvris quand même.
Elle l'avait écrite le soir où Jessica avait fugué.
C'était une lettre d'excuse, elle savait ce qui allait arriver et elle me demandait de la pardonner.
Elle avait prévu à l'avance le comportement de ses parents, l'incidence qu'il aurait sur elle et sur sa s½ur, et aussi les dégâts que tout ça causerait sur Mike.
Elle voulait me détacher volontairement d'elle, pour ne pas que je souffre. Parce-qu'on ne fait pas souffrir les gens qu'on aime.
Elle m'exhortait à continuer, à poursuivre mes rêves. M'expliquait qu'il ne faudrait pas que je passe à coté des grandes choses de la vie. Que trouver quelqu'un qui m'aime, c'était ce qu'il y avait de plus important.
Elle, elle mettait sa vie entre parenthèse. Il fallait qu'elle s'occupe de sa s½ur, pour qu'elle tienne le coup.
Elle me disait Adieu en quelque sorte.

Cette simple lettre expliquait tous ses silences et son attitude. Simple lettre que j'aurais du ouvrir beaucoup plus tôt.
Je frissonnais malgré la chaleur ambiante. J'avais sous les doigts une partie de la fille que j'avais connue autrefois, et qui me demandait de la remplacer par une autre.
Mais comment j'aurais pu ? Il me semblait clair qu'elle était la seule dont j'avais besoin, et je mourrais d'envie de lui dire.

Quand je rentrais au lycée, je m'assis comme tous les lundis matin à coté d'elle en littérature.
Face à son silence, je passais l'heure à lui écrire une lettre.

A la Cathy d'autrefois, celle qui était plus vive et intelligente que moi.
Puisque je ne veux pas parler à l'inconnue qui occupe ton siège et ton corps, je t' envoies une lettre.
Cette lettre te dit que j'ai hâte de te retrouver, et que j'espère que l'année prochaine à l'université, tout redeviendra comme avant. Parce que tes parents ne seront pas éternellement là.
J'ai un peu honte aussi, vu que je n'ai pas suivi ses conseils. J'ai laissé tomber les études. Peut-être que tu ne voudras plus de moi.
Mais je prends le risque. Parce-que ta voix, ton sourire, ta compréhension obsessionnelle du monde et ton sens de la répartie légendaire me manque.
Parce-que sans toi tout perd son intérêt. J'ai pas eu la force de croire en moi et de continuer, mais j'ai réussi d'autres choses à la place.
Allez reviens...
Je veux pas te remplacer, c'est ça le déclic qui m'a fait avouer à moi-même que je t'aime.
Je suis comme un con si t'es pas sensible à ça.
J'ai épuisé mes arguments.
Le physicien fou t'attend. Alors VIENS !

PS : Et je sais que tu m'aimes.


Elle l'avait lu lentement. Ensuite, elle eut un sourire silencieux.
Son attitude ne changea pas pour autant aussi vite que je l'aurais voulu, mais plutôt petit à petit, au fur et à mesure qu'elle acceptait de se confier.

Nous fîmes un voyage organisé en France d'un mois pendant l'été, rien que tous les deux. Elle renaissait à vue d'½il, et c'était pour moi une belle promesse d'avenir.
Je lui pris la main en face de Notre-Dame. Elle ne la rétracta pas, mais me bassina avec Victor Hugo et son roman.
Et moi je buvais ses paroles.
J'étais vraiment heureux.



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# Posté le samedi 07 mars 2009 16:59

Modifié le mercredi 11 mars 2009 14:53

Frisson d'insouciance, frolant l'insolence, parfum d'indolence.

Frisson d'insouciance, frolant l'insolence, parfum d'indolence.



L'absence est le lot du réel.
Elle laisse des vides et des creux, des plaies et des bosses, dans nos instants vécus.




# Posté le mercredi 04 mars 2009 13:05

Modifié le lundi 16 mars 2009 17:25

*Price to pay*

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Ella s'en foutait.

Ella ne se levait plus le matin. Elle laissait le temps s'écouler.


Non pas qu'il y ait vraiment quelque chose qui cloche.
Vraiment, tout allait bien.

C'était juste qu'elle pensait qu'elle avait assez payé. Elle avait payé pendant trois ans. C'était pas suffisant, non ?
Fallait qu'elle se rende compte, là, maintenant, alors qu'elle était complètement heureuse, qu'elle n'en avait pas encore fini.

Qu'elle ne pourrait peut-être jamais faire face.



Alors, à quoi bon ?
A quoi bon, avoir fourni toute cette énergie pour se relever si c'était pour tomber plus tard ?

A quoi bon, voir ce qu'elle avait douloureusement enfoui remonter à la surface ?

A quoi bon voir que les séquelles existaient alors qu'on ne le savait pas !


Son bonheur était chimérique. C'était comme s'il ne tenait qu'à un fil, immensément fragile.
Elle était un peu funambule. Elle pouvait tomber du bon comme du mauvais coté. Cela ne dépendait pas d'elle. Mais plutôt de la vie en général, du hasard ou de sa résistance psychique.
De tas de trucs qu'elle ne contrôlait pas.

Là, son esprit chuchotait doucement au reste de son corps : « Oublies s'il te plait, fais comme moi. Arrêtes, c'est terminé. »

Et ça lui faisait mal. Tous ces efforts, tout ce qu'elle avait construit. Tout cela qui tanguait dangereusement. Pouvait disparaître si facilement.

Elle ne voulait pas renouer avec ce passé. Il n'existait plus.


Elle espérait au final. Peut-être qu'il avait été nécessaire de recoller les morceaux. Que maintenant qu'on lui avait dit qu'elle n'était pas responsable, cela irait mieux.

Ou peut-être que cela ne changerait rien.

Et qu'elle paierait le prix fort toute sa vie pour un crime qu'elle n'avait pas commis.









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# Posté le lundi 16 février 2009 08:55

Modifié le lundi 16 février 2009 09:31